Décès d'Alain Bashung

Publié le par MusicBlock

Nous avons appris cet après-midi le décès du chanteur Alain Bashung.
Voici la dépêche AP résumant la carrière de l'artiste :

Il avait chanté les "Vertiges de l'amour" et acquis un statut d'icône de la chanson française. Alain Bashung est décédé samedi après-midi à l'hôpital Saint-Joseph à Paris des suites d'une longue maladie, "entouré des siens", selon son tourneur Garance Productions. Il était âgé de 61 ans.

Interprète de "Gaby", "Vertiges de l'amour", "Osez Joséphine", "Ma petite entreprise", ou encore "La nuit je mens", Alain Bashung était l'un des artistes les plus appréciés de la profession, au style unique qui aura inspiré de nombreux chanteurs des générations suivantes.

Aussi discret dans le paysage médiatique que charismatique sur scène et innovant dans ses chansons, celui que "Les Inrockuptibles" avaient récemment qualifié de "dernier des géants" aura constamment évolué tout au long de quarante années d'une carrière qui l'aura vu abandonné l'image de chanteur léger et dilettante, due notamment à son tube "Gaby", pour un statut d'artiste inclassable à la fois reconnu par le public et admiré par ses pairs.

Du rock un peu kitsch, alimenté par une écriture automatique, de ses débuts, Bashung était passé à des titres plus ambitieux tels qu'"Osez Joséphine", "Madame rêve", ou "La nuit je mens" ou la profondeur des textes et l'audace des orchestrations semblaient à chaque fois plus poussées. Jusqu'à la reconnaissance de "Fantaisie militaire", sorti en 1998, considéré par beaucoup comme son album le plus abouti.

Son dernier opus "Bleu pétrole", peut-être le plus politique, était sorti il y a un an, en mars 2008. Dans "Résidents de la République", il y dénonçait le comportement de certains politiques: "Un jour je courrirai moins/ Jusqu'au jour où je ne courrirai plus" chantait-il avec humour dénonçant en filigrane, l'hyperactivité du président Nicolas Sarkozy. Le chef de l'Etat a rendu hommage samedi soir à un "prince", "un immense poète, un chanteur engagé", qui "marquera l'histoire de la musique" avec son "univers musical à l'esthétique sombre et élégante".

"Bleu pétrole" avait également été l'occasion d'une tournée en 2008, qui lui avait valu une de ses trois dernières Victoires de la Musique, le 28 février, cérémonie qui marquera sa dernière apparition publique. Très amaigri, le chanteur qui venait d'annuler des concerts, était tout de même venu sur la scène du Zénith chercher ses récompenses avec émotion. Avec 11 récompenses, Alain Bashung est, à ce jour, l'artiste le plus titré des Victoires de la Musique.

"Alain Bashung était un artiste atypique, un vrai chercheur musical", a réagi Pascal Nègre, PDG d'Universal Music France et ancien patron du label Barclay sur lequel Bashung était signé depuis ses premiers succès. "Même s'il a co-écrit la plupart de ses chansons, il avait cette capacité unique à donner à ses titres plusieurs niveaux de lecture qui lui ont permis de capter tous les publics", a-t-il déclaré à l'Associated Press.

Dans un entretien aux "Inrockuptibles" en juin 2008, Bashung disait ainsi être "incapable de faire une vraie chanson française". "Je n'ai toujours pas l'impression d'être un vrai chanteur français populaire", confiait-il, disant avoir "en permanence une idée d'éphémère".

Alain Bashung, de son vrai nom "Baschung", était né le 1er décembre 1947 dans le XIVe arrondissement de Paris, d'une mère d'origine bretonne et d'un père qu'il n'a jamais connu. Au début des années 1960, âgé d'une vingtaine d'années, il abandonne ses études de comptabilité pour se lancer dans la musique. Il chante ses premiers titres sous son vrai nom, avant d'abandonner le "c" de "Baschung" et de rencontrer au début des années 1970 Dick Rivers, pour qui il écrira plusieurs chansons.

Il croise ensuite l'auteur Boris Bergman, et ses premiers albums sortent fin 70. Si "Romans-photos" (1977) et "Roulette russe" (1979) restent relativement confidentiels, Bashung connaît le succès public grâce à l'album "Pizza" (1980) et ses tubes "Vertiges de l'amour" et "Gaby", deux titres qui lui ouvrent les portes des grandes salles de concert. Il collabore ensuite avec Serge Gainsbourg, alors en pleine période reggae, sur "Play blessures", qui sort en 1982.

Viendront ensuite "Figure imposée" (1983), et les années de collaboration avec le parolier Jacques Fauque sur "Novice" (1989), et "Osez Joséphine" (1991), album qui marque un virage artistique mais qui lui offrira pourtant un nouveau succès public avec le titre éponyme et "Madame rêve". D'autres tubes jalonneront les années 1990, tels "Ma petite entreprise" sur l'album "Chatterton" (1994), ou "La nuit je mens", issue de "Fantaisie militaire", plébiscité par la critique à sa sortie en 1998. Bashung reviendra en 2002 avec "L'Imprudence", avant "Bleu pétrole" en 2008.

Célèbre pour ses chansons, Alain Bashung était également acteur, et était notamment apparu au cinéma dans "Le Cimetière des voitures" en 1981, "Le Beauf" en 1987, "L'Ombre du doute" en 1993, "La Confusion des genres" en 2000, ou encore "La Bande du drugstore" en 2002.

Il était père de deux enfants.

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